El gran surubi

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20 août 2014 par Julie Curien

Je vous propose aujourd’hui de nous plonger dans un livre d’images, format paysage, concocté par Pedro Mairal et Jorge González. Mon premier est un poète argentin, né en 1970. Mon second est un illustrateur argentin né la même année. Mon tout forme un album splendide, édité en bilingue, espagnol et français sur une traduction de Thomas Dassance, publié en 2013 par les éditeurs dits rêveurs : El gran Surubí.

Le Surubí est un grand poisson de la famille des silures, typique des fleuves d’Amérique du Sud qui sont directement liés à l’Amazonie.

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L’histoire ? Une terrible fable, narrée en soixante sonnets et une multitude de petites illustrations embarquées dans le poème ou exprimant en plein page toute l’inquiétante violence du propos.

Mon récit est simple et ne prétend pas

Devenir une fable où tout comprendre,

Je veux juste raconter ce que je vis

Le fleuve, dieu, la mort, le surubí.

mi relato es sencillo y no pretende

llegar hasta la fábula y los bronces

solo quiero contar eso que vi

el río dios la muerte el surubí

Le peuple argentin se meurt de faim ; pour suppléer à la carence en viande bovine, l’armée, toute puissante, impose une solution : « surveillés par quatre mitraillettes », des hommes jeunes sont enrôlés, déportés sur des bateaux, où les attend « un travail loin des terres », une infernale partie de pêche pour nourrir celles et ceux restés sur la terre ferme, à Buenos Aires. Un quotidien pénible qui vire au cauchemar quand le poisson devient monstre : un surubí géant, dit-on ! dans l’imaginaire, la proie se transforme en prédatrice, sentence de mort.

C’est un monstre dans les eaux troublées,

Il a un bec de canard, une peau de reflets pleine,

Il a le dos d’un tigre, c’est comme une baleine,

Ses barbilles mesurent dix brassées.

Chacun décrivait d’une forme 

Différente le Surubí, comme un bestiaire,

Un prodige qui altère le dictionnaire, 

Une image qui croît et se déforme.

es un monstruo en las aguas embarradas

tiene piel tornasol pico de pato

tiene lomo de tigre es como un gato

los bigotes alcanzan diez brazadas

cada quien describía de una forma

distinta al surubí como un bestiario

un prodigio que altera el diccionario

una imagen que crece y se deforma

« La peur de mourir dans l’eau comme une bête », sur le pneumatique bancal depuis lequel ils pêchent leurs doutes, l’angoisse, l’humiliation… bref, « un point d’interrogation gigantesque ». L’instinct de survie conduit à la mutinerie ! Puis vient l’heur(e) de la fuite… à dos du poisson — Surubí salvateur — l’homme dompté dompte sa peur.


Pour aller plus loin :

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Une réflexion sur “El gran surubi

  1. […] en souvenez-vous ? Les notes vagabondes suivent de près (ici et là) l’œuvre de Jorge González, dessinateur argentin des plus expressifs, qui donne corps à […]

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