Dora & Pandora

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21 décembre 2013 par Julie Curien

Je m’appelle Dora Bardavid. Je travaille dans un service d’archives du Berlin document center.

dora

Au début des années soixante, Dora, jeune fille au sortir de l’adolescence — sa coloc’ l’appelle Mädchen —, a déjà vécu à Amsterdam, Rabat, Fez et Paris ; de passage à Berlin, elle ouvre la boîte de Pandore en plongeant dans l’Histoire avec un grand H :

dora pandore

  • à Berlin, avec les feux SS :

La touche S de ma machine à écrire a été enlevée car c’est un modèle qui date de la guerre, et au-dessus du S il y avait le symbole de la SS.

Par son travail, Dora (nous) apprend l’organisation précise des camps, de l’administration nazie, les lois & décrets ; elle déniche des témoignages & articles de journaux… exprime parfois son émotion, d’autant plus forte que son propre père, juif, n’en est jamais revenu.

– Alors, tu t’es habituée ?

– Oui. […]

Non,

en réalité je ne suis pas habituée et je ne veux pas m’habituer.

Mais je ne pleure plus.

Car Dora a désormais un projet : constituer ses propres archives.

  • à Bobigny, l’Humanité & le PC

De retour en France auprès de sa mère, Dora se lie d’amitié avec une jeune militante et sa bande, en prises de bec régulières avec la bureaucratie du parti. C’est aussi l’époque de la guerre d’Algérie : ses compagnons placardent de nuit le manifeste des 121. L’archiviste Dora entre dans le monde de l’édition, en effectuant des traductions, jusqu’à ce que son commanditaire lui propose une mission :

  • en Argentine, capturer un nazi !

Dora prend pour la première fois l’avion, afin de rejoindre une de ses amies exilées à Vilar. Cette dernière aurait peut-être aperçu le nazi recherché, Joseph Mengele, sur son lieu de travail, la bibliothèque municipale (biblioteca popular). Dora découvre un autre régime politique encore : celui, militaire, de Perón… Puis elle repart, bredouille… pour où ? Sans doute, le deuxième tome nous le dira.

Traquer les nazis, c’est comme chasser les fantômes avec un filet de papillon.

Ce roman graphique, stylé, sensible et engagé, est signé d’un jeune illustrateur argentin, Minaverry (1978 – ). Chapeau à l’Agrume, maison d’édition française dédiée à l’illustration contemporaine, de donner à lire cette histoire belle et incarnée !

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