Le livre céleste

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18 novembre 2012 par Julie Curien

Traduit de l’espagnol (Argentine)
par Catherine Vasseur

« La République argentine est couverte d’air. Cela, personne ne peut le nier. Cet élément épais nous fait vivre comme l’eau vivre les poissons, et c’est d’air, disaient nos grand-mères, que sont fait les habits de démon. »

Un joli objet, pour commencer, édité par une consœur éponyme, la maison d’édition indépendante « vagabonde« , dont le catalogue est essentiellement littéraire et publie des auteurs classiques ou « frondeurs ».

Un sujet de taille : l’histoire de l’Argentine, côté mythe, écho et invention de légendes de la famille de l’écrivain, et en regard, voix de la patrie toute entière. Hommage magique à la construction d’une terre riche de végétaux, d’animaux, de paysages qui se font et se défont, véritables forces meurtries mais résistant encore et toujours à l’envahisseur, cette colonisation contre laquelle s’érige l’écrivain poète, sage et savant : le Vicomte de Lascano Tegui, qui écrit ce livre depuis Boulogne-sur-Mer en 1935, dans la maison même où disparut le libérateur de l’Argentine, José de San Martín, en 1850.

Invitation au voyage, ode à une Argentine terrienne et pourtant céleste, cette œuvre n’est pas d’un accès très facile pour un lecteur occidental : kaléïdoscope empruntant à l’herbier, au bestiaire, au chant, à l’histoire (merci d’avoir ajouter une chronologie en postface), à la géographie, à la géologie minérale, et d’autres sciences au seuil du genre fantastique, la prose s’envole de mots étrange(r)s en images insoupçonnées. La collyre, l’œuf de coq (« arbuste national », qui l’eût cru ?), l’aop « (jaguar amphibie »), l’ombu de l’espérance, le caroubier (« arbre profondément créole »), la gagatromée (« pierre que l’on extrait de la tête des agneaux devenus fous »), l’eyra ou encore le tarasque… Wikipédia a quelque fois accompagné ma lecture, mais, in fine, j’ai préféré me laisser bercer et, à mon tour, imaginer.

Personnellement, je n’ai pas résisté à l’appel de l’autruche (p.58-59), et me suis laissée emportée par la chasse au guanaco qui s’échappe (p.94-95). Amis fonctionnaires, vous trouverez aussi à la page 129 une fable un peu dure sans doute, mais qui, peut-être, vous parlera ^^.

Pour en savoir + : http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/Le-Livre-celeste.html

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